Automattic remporte une première victoire procédurale face à WP Engine, procès repoussé à octobre 2027

Le litige entre Automattic et WP Engine, qui empoisonne la communauté WordPress depuis bientôt deux ans, vient de connaître son premier tournant procédural. Un juge fédéral américain a validé une position d’Automattic sur le secret professionnel entre avocat et client, refusant l’utilisation par WP Engine d’échanges Slack internes d’Automattic dans la procédure.

Ce que dit la décision

Selon The Repository, qui a couvert la décision, un juge a estimé que les échanges Slack internes d’Automattic portant sur la stratégie de défense de la marque WordPress face à WP Engine, environ deux mois avant le début public du conflit, étaient couverts par le attorney-client privilege, le secret professionnel entre avocat et client. Concrètement, WP Engine ne peut pas s’en servir dans le procès.

La décision porte sur des échanges techniques entre les avocats d’Automattic et l’équipe interne, dans la période d’anticipation du conflit. Ces messages auraient pu éclairer les motivations d’Automattic, raison pour laquelle WP Engine essayait de les faire admettre comme preuves.

Symbolique : c’est la première victoire procédurale d’Automattic dans un dossier qui, jusqu’ici, s’était plutôt déroulé en sa défaveur, injonction préliminaire en faveur de WP Engine, restauration forçée de l’accès à WordPress.org, etc.

Automattic n’a pas tout gagné

La décision est nuancée. Dans la même instance, le tribunal a rejeté la demande d’Automattic visant à contraindre WP Engine à produire des documents supplémentaires liés à l’extension ACF, celle qui a été au cur du fork controversé « Secure Custom Fields » par WordPress.org en octobre 2024. Automattic voulait des documents internes de WP Engine, il n’en aura pas.

Score global de cette manche : un partout, avec l’avantage psychologique du secret professionnel côté Automattic.

Le procès repoussé à octobre 2027

Autre info notable : le procès Automattic vs WP Engine est désormais envisagé pour octobre 2027, soit trois ans après le déclenchement public du conflit en septembre 2024. Cela laisse encore beaucoup de temps aux deux parties pour épuiser leurs recours procéduraux avant l’audience au fond.

Notre lecture

Sur le fond, cette décision ne change rien à la trajectoire du conflit. Elle mange du temps de tribunal et des honoraires d’avocats, mais ne décide de rien sur les questions de fond : la marque « WordPress », l’accès aux mises à jour depuis WordPress.org, les redevances éventuelles.

Ce qui rend le calendrier intéressant, en revanche, c’est qu’octobre 2027 signifie que la question du contrôle de la marque WordPress ne sera pas tranchée avant un moment. Pour un écosystème qui a besoin de clarté pour investir sur le long terme, c’est trois ans de plus à vivre avec l’incertitude. Certains acteurs commencent déjà à diversifier leurs contributions Core (voir la sortie du fork SecureCustomFields, ou les débats récurrents sur la gouvernance du projet).

L’article complet de The Repository (en anglais) →