Il y avait eu une accalmie dans le conflit qui oppose WP Engine à Automattic depuis bientôt deux ans. Elle est terminée. La dernière quinzaine a apporté deux rebondissements majeurs, tous deux défavorables à Automattic.
Une action collective autorisée à se poursuivre
Comme le rapporte The Repository, un juge fédéral a autorisé la poursuite d’une action collective intentée par deux clients de WP Engine.
L’élément qui a fait pencher la balance : le site wordpressenginetracker.com, lancé par Automattic en novembre 2024, qui répertoriait publiquement plus de 842 000 domaines hébergés par WP Engine.
Pour le juge, l’existence de ce site permet de supposer qu’Automattic savait précisément quels clients de WP Engine allaient être affectés par le blocage de l’accès à WordPress.org, entre septembre et décembre 2024. Ce point de connaissance préalable est central dans ce type de procédure.
Des accusations de destruction de preuves
Le second épisode est plus lourd encore. WP Engine accuse Automattic et Matt Mullenweg d’avoir détruit des preuves, en ne conservant pas certaines conversations WhatsApp, Signal et Telegram, malgré des assurances contraires données au tribunal.
L’hébergeur demande des sanctions lourdes, dont le rejet pur et simple des contre-attaques d’Automattic portant sur les marques déposées. Des accusations qu’Automattic conteste.
Le calendrier judiciaire
- 1er octobre 2026 : audience sur les demandes de sanctions.
- 2027 : procès attendu sur le fond.
Notre avis
L’accusation de destruction de preuves change la nature du dossier. Jusqu’ici, le litige portait sur des questions de marques et de concurrence, avec des arguments techniques et commerciaux des deux côtés. Une accusation de non-conservation de preuves, elle, touche à la conduite de la procédure elle-même, et les tribunaux américains y sont notoirement peu tolérants.
Le site wordpressenginetracker.com, présenté à l’époque comme un outil d’information, se retourne aujourd’hui contre son créateur en servant de preuve d’intentionnalité. C’est un rappel utile pour n’importe quelle entreprise : ce que vous publiez pendant un conflit finit dans le dossier.
Pour vous, utilisateur de WordPress, rien ne change au quotidien. Mais un procès en 2027 signifie encore de longs mois d’incertitude pour un écosystème qui aurait bien besoin de passer à autre chose.
