Le conflit entre Automattic et WP Engine se poursuit devant les tribunaux, et il s’est élargi. Cette fois, ce ne sont pas les deux entreprises qui s’affrontent directement, mais des clients de WP Engine qui attaquent Automattic en action collective.
Ce que reprochent les plaignants
Les clients de WP Engine accusent Automattic d’avoir nui à leurs activités en coupant, à partir de septembre 2024, l’accès de leur hébergeur aux ressources de WordPress.org. Concrètement : plus de mises à jour automatiques d’extensions ni de thèmes pendant plusieurs jours, sur des milliers de sites.
La défense d’Automattic
Automattic a répondu sur le fond. L’entreprise reconnaît avoir restreint cet accès, mais nie avoir causé les pertes invoquées. Elle estime même que les plaignants auraient pu limiter les dégâts en utilisant les solutions alternatives disponibles à l’époque.
Après le rejet de plusieurs accusations, le litige se concentre désormais sur une seule question : Automattic a-t-elle volontairement interféré dans les contrats liant WP Engine à ses clients ?
Le média spécialisé The Repository rapporte que l’affaire entre maintenant dans la phase de discovery, consacrée à la collecte des preuves. Viendra ensuite une possible bataille pour déterminer si la plainte peut être menée au nom de l’ensemble des clients de WP Engine concernés.
Notre avis
Deux ans après, ce conflit continue de produire des ramifications, et c’est cette fois un angle nouveau : ce ne sont plus deux géants qui se disputent, ce sont des propriétaires de sites qui demandent des comptes. L’argument d’Automattic (les plaignants auraient dû utiliser les alternatives disponibles) revient à dire que la charge de la continuité de service pesait sur les clients. Cela ne passera pas auprès de tout le monde.
La leçon opérationnelle, elle, est indépendante de l’issue judiciaire. L’épisode de septembre 2024 a montré qu’un site WordPress dépend d’une infrastructure qu’il ne contrôle pas : le répertoire officiel. Si cet accès disparaît, vos mises à jour s’arrêtent, y compris les mises à jour de sécurité.
Cela ne veut pas dire qu’il faut changer d’hébergeur en panique. Cela veut dire qu’il est sain de savoir comment mettre à jour une extension à la main, et d’avoir une sauvegarde indépendante de votre hébergeur. C’est vrai quel que soit le nom sur la facture.
Nous suivrons la suite de la procédure.
