Nouvel épisode du conflit qui oppose WP Engine à Automattic et Matt Mullenweg depuis septembre 2024. Cette fois, le terrain est canadien.
Le média spécialisé The Repository rapporte que l’hébergeur s’oppose aux demandes de dépôt de marque de la Fondation WordPress pour les expressions « Hosted WordPress » (WordPress hébergé) et « Managed WordPress » (WordPress infogéré) au Canada.
L’argument de WP Engine : ces termes sont descriptifs
L’entreprise estime que ces expressions, largement utilisées dans l’industrie pour décrire des services d’hébergement WordPress, sont purement descriptives et ne peuvent donc pas être protégées comme marques.
WP Engine invoque également d’autres motifs, notamment la mauvaise foi et l’absence de caractère enregistrable.
La démarche s’inscrit dans la continuité d’une procédure similaire engagée aux États-Unis en février 2026.
Ce que la Fondation détient déjà
Malgré ces contestations, la Fondation WordPress dispose déjà des droits sur ces deux marques au Royaume-Uni, dans l’Union européenne et en Australie.
Pour rappel, la répartition des droits est la suivante : la Fondation WordPress possède et gère les marques déposées pour le nom, les logos et les marques connexes de WordPress. Automattic, la société derrière WordPress.com notamment, conserve les droits commerciaux exclusifs de la marque WordPress.
Notre avis
La question juridique est plus intéressante qu’il n’y paraît. « Managed WordPress » est un terme employé par des dizaines d’hébergeurs depuis plus de dix ans pour décrire une catégorie de service. Une marque descriptive est effectivement difficile à défendre dans la plupart des juridictions, c’est un principe classique du droit des marques. Mais la Fondation a déjà obtenu l’enregistrement dans trois zones, ce qui montre que les offices n’ont pas tous la même lecture.
Pour vous, si vous êtes hébergeur, agence ou freelance francophone, l’issue n’est pas anecdotique. Si ces marques sont validées puis défendues largement, l’expression « WordPress infogéré » sur votre page tarifs pourrait un jour poser question. On en est loin, mais le dossier mérite d’être suivi.
Ce qui frappe surtout, c’est la durée. Bientôt deux ans que ce conflit consomme du temps, de l’argent et de l’énergie qui pourraient aller ailleurs. Y compris, comme on le voit par ailleurs, dans le financement des événements communautaires.
