Quinze jours après la tentative d’éviction de Matt Mullenweg, Automattic n’a toujours pas expliqué à ses salariés ce qui s’est passé. Le conseil d’administration à l’origine de la manœuvre, lui, a été balayé.

Un conseil d’administration démantélé
Rappel des faits : le conseil d’administration d’Automattic avait placé Matt Mullenweg en congé forcé. Ce dernier a repris le contrôle de l’entreprise après seulement 33 heures et 20 minutes d’absence.
D’après TechCrunch, le conseil a depuis été remanié en profondeur : Toni Schneider et Sue Decker ont démissionné, tandis qu’Ann Dunwoody a été écartée par Matt Mullenweg lui-même.
Le séisme touche aussi la direction opérationnelle. Le directeur financier Mark Davies, qui avait été nommé CEO par intérim pendant l’épisode, a quitté l’entreprise. Le directeur juridique Andy Missan aussi.
Les salariés découvrent l’affaire dans la presse
Selon le média spécialisé The Repository, plusieurs employés déclarent avoir appris l’essentiel des événements par les articles de presse plutôt que par leur propre direction.
Quinze jours après, les motivations initiales du conseil d’administration restent inconnues. Aucune communication interne n’est venue expliquer pourquoi des administrateurs ont jugé nécessaire d’écarter le fondateur de l’entreprise.
Notre lecture
Il faut être clair sur ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. On connaît les conséquences : un conseil d’administration recomposé, deux dirigeants partis, un fondateur qui a repris la main en moins de deux jours. On ne connaît pas les causes. Personne n’a expliqué ce qui a déclenché la tentative.
C’est cette asymétrie qui pose problème. Quand les salariés apprennent par la presse ce qui se passe dans leur propre entreprise, le problème de gouvernance ne s’arrête pas au conseil d’administration.
Pour vous, en pratique ? Rien n’a changé sur vos sites. WordPress continue de sortir ses versions, et Automattic reste un acteur parmi d’autres de l’écosystème, même s’il est le plus gros. Ce qui se joue ici, c’est la question de fond que la communauté pose depuis l’affaire WP Engine : la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personne sur un projet dont vivent des centaines de milliers de professionnels.
Cette séquence n’a pas apporté de réponse. Elle a surtout montré que le contre-pouvoir supposé exister n’a pas tenu 34 heures.
